La fête de Saint Nicolas
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En Belgique, début décembre - le 6, pour être exact – nous fêtons le grand patron des écoliers : Saint Nicolas. Saint Nicolas est fêté dans de nombreux pays européens : Belgique, Allemagne, Suisse, Luxembourg, Hollande, Russie, Autriche et Nord-est de la France.

Nicolas a vécu entre 250 et 350 après J.C. Il était reconnu pour sa grande générosité et son humanisme. Sa popularité n'a pas été altérée au cours des siècles. Dans l'imagerie populaire européenne, St Nicolas, généreux donateur, prit rapidement la forme d'un vieil homme (pour le côté rassurant du grand-père). Il était vêtu d'habits épiscopaux ou d'un long manteau rouge, d'une mitre et d'une crosse suivant les régions. Il est surtout connu comme le patron des enfants et des écoliers, mais est aussi le patron des banquiers, des prisonniers, des marins, des femmes non mariées, des voyageurs, des pèlerins, des condamnés injustement, des poètes, et la liste n'est pas exhaustive.
Après la réforme protestante survenue au XVIe siècle, la fête de Saint Nicolas fut abolie dans certains pays européens. Mais les Hollandais, bien que protestants, conservèrent cependant cette ancienne coutume catholique.
Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrèrent aux Etats-Unis et fondèrent une colonie appelée "Nieuw Amsterdam" qui, en 1664, devint New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint Nicolas se répandit aux Etats-Unis. Pour les américains, Sinter Klaas devint rapidement Santa Claus. Ce donateur attentionné demeurait cependant un personnage moralisateur : il récompensait les enfants sages et méritants. Quant aux ingrats et aux dissipés, ils étaient punis par l'aide de Saint Nicolas : le père Fouettard, personnage noir et effrayant armé d'un martinet. Au fil des ans, la société chrétienne trouva plus appropriée que cette "fête des enfants" soit davantage rapprochée de celle de l'enfant Jésus. Et ainsi, petit à petit, Saint Nicolas fit désormais sa tournée la nuit du 24 décembre
En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste, revêt Santa-Claus d'un long manteau rouge garni de fourrure blanche, rehaussé d'un large ceinturon et de bottes de cuir. Pendant près de 30 ans, Nast va illustrer au moyen de centaines de dessins, tous les aspects de la vie de Santa Claus qui, chez les francophones, est de plus en plus connu sous le nom de Père Noël.


En 1885, Nast établissait grâce à ses dessins et récits, la résidence officielle du père Noël au pôle Nord.
C'est en 1931 que le père Noël prit finalement une toute nouvelle allure dans une image publicitaire diffusée par la compagnie Coca-Cola. Le père Noël avait désormais une stature plus humaine, un ventre rebondit, une figure sympathique, un air jovial et débonnaire. La longue robe rouge était remplacée par un pantalon et une tunique.
En Belgique, nous fêtons encore et toujours Saint Nicolas, bien qu'il commence à perdre de son importance face à père Noël et Halloween.
Je me souviens des fêtes de saint Nicolas de mon enfance et de mon adolescence. Ces années là, le grand saint avait une très grande importance. Dès les premiers jours de novembre, les grands magasins (qui n'étaient pas encore ces grandes surfaces froides et sans âme que nous connaissons actuellement) cachaient une partie d'un des étages derrière de lourdes tentures foncées et opaques et on entendait des bruits de construction. Vers la mi novembre, le grand saint arrivait dans la ville. C'était un évènement important et les écoliers de tous âges avaient congé ce jour-là afin de se rendre au centre ville "voir Saint-Nicolas". Il arrivait par bateau, par hélicoptère, en carrosse ou tout simplement à cheval… Les personnages du cortège jetaient des bonbons à pleines mains.
Pendant 3 semaines, nous avions la joie d'aller voir le grand saint dans son "royaume" reconstitué à l'intention des nombreux visiteurs… L'étage du Grand Bazar (genre Galeries Lafayettes) sentait le pain d'épice, le spéculoos et le chocolat chaud. On se dirigeait vers l'entrée d'un tunnel et là, on entrait dans un monde merveilleux : des automates, des jouets, des jeux reconstituaient des scénettes qui faisaient patienter le long du parcours vers le centre du pays merveilleux : le trône de st Nicolas ! Les enfants avaient les joues rouges, les yeux brillants. Des elfes habillés de rouge et de vert nous attendaient à l'entrée de la "Caverne" et distribuaient le "Cliquet". Ah, ce fameux cliquet !!!! Rien que pour ce petit objet sans grande valeur, nous étions prêts à faire la file et attendre de longues minutes, même à 16 ou 17 ans… Imaginez : un petit jouet en fer blanc, peint à l'image d'une grenouille, d'une coccinelle, d'un papillon, de la taille d'un gros pouce d'homme adulte. Un petit jouet moulé avec sur le dessous, une languette de fer qui, lorsqu'on la poussait du doigt puis relâchait faisait ce bruit si caractéristique : clic-clac… clic-clac… clic-clac…
Arrivés devant le grand saint, tous les enfants, même adolescents, recevaient des friandises. Et si un grand dadais avait le malheur de se moquer, il se retrouvait en moins de deux assis sur les genoux de Saint Nicolas et se faisait gronder par le Père Fouettard d'une grosse voix effrayante, ce qui lui faisait passer l'envie de risquer de décevoir encore de jeunes enfants rêveurs.
Le soir du passage de Saint Nicolas dans les maisons, nous installions la table : une belle nappe, un verre de liqueur pour Saint-Nicolas, un verre de lait et des biscuits pour son âne. Puis les enfants allaient au lit. Le lendemain, on était éveillés très tôt, excités à l'avance de ce qu'on allait découvrir… On se levait et à pas de loup on entrait dans la salle de séjour… La table disparaissait sous les jeux, jouets, livres, friandises… Et c'étaient des "Merciiiii Saint Nicolas" à n'en plus finir…
Arrivés à l'âge adolescent, bien qu'ayant appris que Saint Nicolas n'existait que dans les contes, la magie persistait et on se levait le dimanche matin du passage du grand saint avec un petit creux à l'estomac… Et la joie était au rendez-vous…
Désormais, les jours de Saint Nicolas sont comptés. Les magasins l'ignorent, l'oublient car il est moins commercial que la fête d'Halloween ou que son cousin américanisé : le père Noël, à qui il laisse de plus en plus la place. Et la nostalgie s'installe dans nos cœurs. Même si les tables n'étaient pas réellement aussi garnies que dans notre souvenir, même si les jeux n'étaient pas aussi beaux que maintenant, même si nous n'avions pas souvent ce que nous avions demandé, Noël ne remplacera jamais pour moi la magie des Saint Nicolas de mon enfance.

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